Biographies des héros spirituels de la terre de Géorgie, moniales, moines, ascètes, martyrs, clercs ou laïcs qui ont fait briller sur elle la Lumière du Christ!

mardi 12 décembre 2017

SAINT HABIB (ABIBOS) MARTYR DE NEKRESI (6ème siècle)


Mémoire le 29 novembre/12 décembre

Saint Habib (Abibos ) de Nekresi a été l'un des treize Pères syriens qui sont arrivés en Géorgie, au 6e siècle, sous la direction de Saint Ioane de Zedazeni.

Avec la bénédiction de son instructeur, saint Habib a commencé son activité apostolique à Nekresi, village sis sur les collines de la région orientale de Kakheti. Pour ses actes vertueux, saint Habib a rapidement été consacré évêque de son diocèse.

Selon la chronique de La vie de Kartli, Saint Habib convertit non seulement les Géorgiens, mais aussi la plupart des tribus montagnardes, y compris les Daguestani-Didoiens, à la foi chrétienne orthodoxe. Abondant en zèle apostolique, saint Habib voyaga dans les villages de son diocèse, prêchant la vérité et demandant à tous de renforcer la vraie foi. Le temps où saint Habib a servi comme évêque a coïncidé avec une période sombre d'occupation par l'état perse de l'Est de la Géorgie. Les Perses firent de grands efforts pour implanter leur foi (le culte du feu) et ils érigeaient partout des autels où le feu brûlait sans discontinuer.

Un jour, dans le village de Rekhi, le saint hiérarque, trouva un groupe d'adorateurs du feu, qui forçaient les fidèles géorgiens à vénérer le feu. Il versa de l'eau sur les flammes pour les éteindre. Les prêtres païens furieux lièrent saint Abibos, le battirent cruellemen, l'enfermèrent, et signalèrent l'incident au marzban. Le marzban ordonna que l'évêque lui soit immédiatement amené.

Saint Habib était un ami du saint thaumaturge Siméon le stylite du Mont Admirable. Saint Siméon reçut un signe de Dieu de l'imminence du martyre de saint Habib et, afin de le consoler, lui envoya une lettre, une eulogie (une bénédiction - probablement un morceau de prosphore ou un autre objet sacré) et un bâton. Alors que Habib était escorté vers le marzban, dans le village de Ialdo, il rencontra un messager d'Antioche, qui lui présenta les cadeaux de saint Siméon. La lettre et les cadeaux réjouirent le saint hiérarque et lui donnèrent des forces pour son martyre. Ensuite, Saint Habib fut approché par un groupe de chrétiens qui offrirent de l'aider à s'enfuir, mais il refusa poliment.

Arrivé à Mtskheta, le saint pria à la cathédrale de Svetitskhoveli, ensuite il demanda que les gardes lui permettent de rencontrer saint Shio de Mgvime. Les Perses acceptèrent sa demande, et les frères spirituels se saluèrent avec amour et prièrent le Seigneur ensemble .

Saint  Habib fut amené devant le redoutable marzban et il lui fut demandé comment il pouvait oser lever la main contre le dieu perse. Il a répondu avec grand sang.froid, en disant: "Je n'ai pas tué un quelconque dieu, mais j'ai éteins un feu. Le feu n'est pas un dieu, mais une partie de la nature, qui est créée par Dieu. Votre feu brûlait du bois, et un peu d'eau suffit à l'éteindre. L'eau s'est avérée être plus forte. Votre fureur m'étonne. N'est-il pas humiliant d'appeler   dieu quelque chose qui n'a pas d'âme?" Furieux de cette réponse, le marzban a ordonné  l'exécution du saint hiérarque

Les bourreaux battirent le bienheureux Habib sans pitié et brisèrent son crâne à coups de pierres. Ensuite, ils traînèrent son corps à travers la ville, le jetèrent aux bêtes, et mirent près de lui un gardien pour veiller à ce que les chrétiens ne viennent pas le voler. Néanmoins, cette nuit-là, les prêtres et les moines de Rekhi vinrent, prirent le corps du saint martyr, et l'enterrèrent avec beaucoup d'honneur au monastère  de Samtavisi (situé à mi-chemin entre Gori et Mtskheta). Beaucoup de guérisons miraculeuses eurent lieu sur la tombe de saint Habib. Durant le règne du Prince Stepanoz de Kartli, les reliques incorrompues de Saint Habib furent transférées de Samtavisi au monastère de Samtavro  Mtskheta, selon le décret du Catholicos Tabori. Elles furent enterrées sous l'autel saint de l'Église de Samtavro.

Réjouis-toi, ô Eglise Géorgienne, 
tu as fleuri avec le sang versé 
par le saint hiéromartyr Habib, 
et tu as composé des hymnes 
pour quelqu'un qui est digne d'éloges.
 Tu glorifies Christ, Qui l'a couronné.
 Par son intercession, Seigneur Jésus-Christ, 
aie pitié de nos âmes!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

mercredi 6 décembre 2017

SAINT HIEROMARTYR GREGOIRE (GRIGOL PERADZE) († 1942)


Mémoire le 23 novembre/6 décembre

L'archimandrite Grégoire (Grigol Péradzé) naquit le 31 août 1899, dans le village de Bakurtsikhe, dans le district de Sighnaghi de Kakhétie. Son père, Roman Peradze, était prêtre. En 1918 Grégoire termina ses études à l'école théologique et séminaire de Tbilissi et s'inscrivit au département de philosophie de l'université de Tbilissi. Trois ans plus tard, en 1921, il commença à enseigner à l'université, mais l'Eglise Géorgienne l'envoya bientôt en Allemagne pour y étudier la théologie. De 1922 à 1925 Grégoire étudia la théologie et les langues orientales à l'Université de Berlin, et en 1925, il fut transféré au département de philosophie de l'université de Bonn, où il obtint un doctorat en philosophie pour sa thèse "La vie monastique en Géorgie des origines à 1064." Grégoire continua à assister aux cours de théologie à l'Université de Louvain jusques en 1927.

En 1927, Grégoire déménagea en Angleterre pour poursuivre sa carrière dans le milieu universitaire, et c'est là qu'il eut connaissance de vieux manuscrits patristiques qui avaient été conservés dans les collections de la bibliothèque du British Museum et de l'Université d'Oxford. En juillet de cette année, Grégoire fut nommé professeur associé à l'Université de Bonn, et il y retourna pour donner des conférences sur l'histoire de la littérature géorgienne et arménienne. En 1931, Grégoire fut tonsuré moine, ordonné prêtre, et nommé doyen de l'église géorgienne à Paris. Un an plus tard, il fut invité à donner des conférences à Oxford sur l'histoire de la Géorgie.

Une nouvelle période dans la vie de saint Grégoire commença plus tard, en 1932, quand le métropolite de toute la Pologne, Denis (Waledinsky), l'invita pour être professeur de patrologie et de la chaire de théologie orthodoxe de l'Université de Varsovie. Il donna souvent des conférences dans les assemblées universitaires et dans les centres universitaires de toute l'Europe. Il chercha sans relâche les anciens manuscrits géorgiens et des documents historiques sur l'Eglise Géorgienne. Ses recherches l'emmenèrent en Syrie, Palestine, Grèce, Bulgarie, Autriche, Roumanie, Italie et Angleterre. À la suite de ses travaux, de nombreuses manuscrits géorgiens perdus depuis longtemps refirent surface.

L'humilité et l'assiduité caractérisèrent le hiéromartyr Grégoire tout au long de sa vie. Dans les moments difficiles il répétait souvent les paroles de saint Jean Chrysostome: "Gloire à Dieu en toutes choses" Dans les années 1920, l'Armée rouge affermissait son occupation de la Géorgie, les trésors de la nation furent emportés en France pour leur sauvegarde. Plus tard, dans les années 1940, la société géorgienne ne savait pas que, grâce aux seuls efforts de saint Grégoire, de nombreux trésors de la culture nationale géorgienne ne connurent pas la confiscation par les nazis à Paris. Au riisquet d'être exécuté devant un peloton d'exécution, saint Grégoire écrivit dans la documentation officielle présentée aux nazis que ces articles n'étaient d'aucune utilité particulière, mais étaient précieux pour les géorgiens dans le cadre de leur conscience nationale.

La plupart des membres de la société géorgienne, ne savait pas non plus qu'à Paris, l'archimandrite Grégoire avait fondé une église géorgienne en l'honneur de la sainte égale-aux-apôtres Nina et un journal paroissial intitulé Jvari Vazisa, ou "La Croix de vigne."

En mai 1942, saint Grégoire fut arrêté par la Gestapo. Les inestimables manuscrits géorgiens qu'il avait conservés et de nombreux objets sacrés qui avaient été conçus par les anciens maîtres géorgiens et recueillis par saint Grégoire au cours de ses voyages (dans l'espoir de les ramener en Géorgie)  disparurent après que son appartement eut été fouillé.

L'archimandrite Grégoire fut arrêté pour avoir abrité et aidé ses Juifs et d'autres victimes des persécutions fascistes. Il fut incarcéré à la prison de Pawiak à Varsovie, et déporté à Auschwitz au début de novembre.

Dans le camp, un détenu tua un officier allemand. Les gardes conduisirent dehors tous les prisonniers absolument nus, les forçant à rester dans des températures inférieures au point de congélation, jusqu'à ce que quelqu'un avoue. Saint Grégoire décida de prendre le blâme pour le meurtre, empêchant ainsi des prisonniers innocents de mourir de froid. Les gardes lâchèrent les chiens sur le martyr, versèrent de l'essence sur lui et lui mirent le feu. Puis ils dirent, "les Polonais, allez vous réchauffer autour de lui, votre intercesseur." Selon la documentation officielle de l'Allemagne, Grégoire Péradzé  est mort le 6 Décembre, 1942 [Novembre 23, vieux style], à 4h45 de l'après-midi. [1 ] A la fin, comme le Christ Lui-même, l'archimandrite Grégoire est mort pour avoir pris sur lui le péché d'un autre.

Ton âme exulte avec les saints apôtres, ô Père Grégoire, couronne des martyrs. Par tes prières rends-nous dignes de la joie éternelle!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

[1] Selon un autre témoignage, le martyr entra dans la chambre à gaz, à la place d'un juif qui avait une grande famille. Ceci fut rapporté par un ancien prisonnier, qui, après avoir été libéré, rendit visite au Métropolite Denys, et lui donna la croix de saint Grigol.

                                                გრიგოლ ფერაძე – Grigol Peradze

samedi 2 décembre 2017

VENERABLE HILARION ( ILARION) LE GEORGIEN (†875)

Mémoire le 19 novembre/2 décembre

Saint Hilarion ( Ilarion) le Géorgien était le fils d'un aristocrate de Kakhétie. Il y avait d'autres enfants dans la famille, mais seul Hilarion a été consacré à Dieu dès sa naissance. le père d'Hilarion construisit un monastère sur sa propre terre, et c'est là que le garçon fut élevé.

À l'âge de quatorze ans, Hilarion quitté le monastère et la tutelle de son père et s'installa dans une petite grotte dans le désert de Davit-Gareji. Il y resta pendant dix ans.

Bientôt se propagea à travers tout l'est de la Géorgie qu'il y avait un jeûneur angélique et un intercesseur infatigable dans la prière. Les foules accouraient à sa caverne pour recevoir un enseignement, des bénédictions, et des conseils. Lorsque l'évêque de Rustavi vint rendre visite à Hilarion, il l'ordonna prêtre. Bientôt, il fut nommé higoumène de  la Laure de Saint-Davit Gareji.

Après son ordination, le Père saint  fut encore plus couvert d'éoges parmi son peuple, et il décida de quitter sa patrie. Hilarion choisit l'un des frères pour le remplacer comme higoumène du monastère et il partit en pèlerinage à Jérusalem.

En chemin, le vénérable Hilarion fut attaqué par une bande de voleurs vicieux. Ils cherchèrent à tuer le père saint,  mais leurs mains soudain se désschèrent. Lorsque les voleurs effrayés se rendirent compte que Dieu les avait punis pour avoir levé les mains pour tuer le saint, ils tombèrent à genoux devant saint Hilarion et demandèrent son pardon. Le vénérable père les bénit du signe de la Croix, les guérit et les laissa partir en paix.

Saint Hilaire vénéra les lieux saints de Jérusalem, puis s'installa dans une grotte dans le désert de Jordanie (selon la Tradition, le saint prophète Elie avait habité dans cette même grotte).

Une nuit saint Hilarion eut une vision: il se tenait debout devant la Très Sainte Génitrice de Dieu, au milieu de douze hommes, sur le Mont des Oliviers, lieu de l'Ascension de notre Seigneur. La Sainte Vierge lui dit: "Hilarion! Retourne chez toi et prépare un repas pour le Seigneur, mon Fils! "

Au réveil, Hilarion comprit cette vision à la fois dans son cœur et son esprit et il partit immédiatement pour sa patrie.

Quand il revint en Géorgie, saint Hilarion apprit le repos en Christ de son père et de ses frères. Sa mère donna à son seul fils vivant l'héritage familial.

Le bienheureux Hilarion fonda un couvent avec les ressources dont il avait hérité, offrit des terres offertes à la communauté monastique, et établit ses règles. Puis il rassembla 76 dignes moines et ascètes et fonda un monastère pour les hommes. Il distribua ses biens restant aux pauvres et aux invalides.

Comme précédemment, les nouvelles des actions vertueuses de saint Hilarion se répandirent rapidement dans toute la Géorgie. Encore une fois un grand nombre désira recevoir sa bénédiction et son conseil, mais quand le clergé eut annoncé son intention de le consacrer évêque, il abandonna la Géorgie pour la deuxième fois. Il prit deux compagnons et se rendit à Constantinople.

Après le long voyage, Hilarion et ses compagnons atteignirent finalement le Mont Olympe en Asie Mineure et s'installèrent dans une petite église abandonnée. Pendant l'office du soir du Samedi de la tyrophagie, celui qui était en charge d'allumer les lampades du monastère de Saint-Ioannice le Grand, vint à l'église pour allumer une lampade, et voyant que plusieurs personnes s'étaient installées là, il leur apporta un peu de nourriture.

Le samedi suivant, fête de saint Théodore Tyron, le même moine retourna à l'église et vit que les deux frères avaient passé toute la semaine sans manger, si ce n'est un peu de lentilles. Ils n'avaient pas touché à la nourriture qu'il avait apportée. Alors, le moine demanda à saint Hilarion ce dont ils avaient besoin, et Hilarion demanda des prosphores et du vin pour le sacrifice non sanglant. Puis saint Hilarion célébra la Liturgie au moment opportun, reçut la sainte communion, et donna les Saints Dons aux frères.

Lorsque l'higoumène de la Grande Laure entendit qu'un office avait été célébré par un prêtre inconnu dans une langue autre que le grec, il fut furieux et ordonna à son intendant et à plusieurs de ses moines de chasser les étrangers loin de la propriété du monastère. Mais saint Hilarion répondit à l'intendant en grec et demanda la permission de passer la nuit dans l'église, promettant de partir dès le matin.

Cette nuit-là la Mère de Dieu apparut à l'higoumène de la laure dans une vision. Elle se tint au pied de son lit et le menaça, disant: "insensé! Qu'est-ce qui t'a poussé à chasser ces étrangers, qui ont quitté leur pays pour l'amour de mon Fils et mon Dieu? Pourquoi as-tu rompu le commandement de recevoir et de montrer de la miséricorde envers les étrangers et les pauvres? Ne sais-tu pas qu'il y a de nombreuses personnes vivant sur cette montagne qui parlent la même langue qu'eux? Ils louent  également Dieu ici. Celui qui ne les reçoit pas est mon ennemi, mon Fils m'a confié la tâche de les protéger et de veiller à ce que leur foi orthodoxe ne soit pas ébranlée. Ils croient en mon Fils et ont été baptisés en Son Nom! "Le lendemain, le staretz tomba à genoux devant saint Hilarion, demanda pardon pour son impertinence, et lui demanda de rester au monastère. Saint Hilarion consola le staretz et décida de rester.

Saint Hilarion passa cinq ans sur le Mont Olympe, puis il se rendit de nouveau à Constantinople, pour vénérer la Croix vivifiante de notre Seigneur. De là, il se rendit à Rome pour vénérer les tombes des saints Apôtres Pierre et Paul. Sur le chemin de Rome, par ses prières un homme paralysé fut guéri.

Après avoir passé deux ans à Rome, saint Hilarion repartit pour Constantinople. En chemin, dans la ville de Thessalonique, le bienheureux Hilarion s'arrêta pour se reposer dans la maison du préfet. Quand il arriva, une servante portait un garçon paralysé de la maison de quatorze ans, et elle le couchait au soleil. Le saint demanda à la femme de l'eau, et quand elle alla la chercher, il bénit l'enfant du signe de la croix et le guérit. Immédiatement, le garçon courut vers sa mère, et saint Hilarion quitta rapidement cet endroit.

Mais le préfet, père du garçon, avait été témoin du miracle, et il ordonna que le thaumaturge soit retrouvé. Quand il fut amené devant lui, le préfet demanda a saint Hilarion de rester à Thessalonique et de choisir lui-même un lieu pour continuer ses œuvres miraculeuses. Reconnaissant le préfet comme un homme aimant vraiment Dieu, le saint entendit sa prière et décida de rester. Le préfet construisit une église à l'endroit qu'Hilarion avait choisi, et avant longtemps, la ville entière avait entendu parler de saint Hilarion et de ses miracles.

Saint Hilarion passa le reste de ses jours à Thessalonique. Quand le Seigneur lui fit connaître le jour de son repos, il appela le préfet, le remercia et lui  ordonna d'aimer les moines et tous ceux qui souffraient et d'être juste et miséricordieux.

Le saint reposa en Christ le novembre 875, et le préfet triste, prépara un sanctuaire de marbre pour lui. Ceux qui étaient malades et qui approchaient la tombe de saint Hilarion avec foi étaient guéris de leurs infirmités.

Le préfet et l'archevêque de Thessalonique informèrent l'empereur byzantin Basile le Macédonien (867-886) des miracles qui avaient lieu sur la tombe du saint père. L'empereur, à son tour informa les moines qui venaient à lui du Mont Olympe, parmi lesquels se trouvait le staretz qui un jour avait essayé de chasser saint Hilarion hors de l'église. L'empereur Basile fut intrigué par les disciples et compatriotes de saint Hilarion par les récits de miracles d'Hilarion. Les trois disciples de saint Hilarion lui furent présentés, et l'empereur fut si frappé par leur sainteté qu'il les envoya au patriarche de Constantinople pour recevoir sa bénédiction. Reconnaissant immédiatement que les trois startsy étaient remplis de la faveur divine, le patriarche conseilla à l'empereur de leur conférer de grands honneurs.

En réponse, l'empereur Basile invita les startsy à choisir pour eux-mêmes et leurs compatriotes l'un des monastères de Constantinople et de se l'approprier. Les pères déclinèrent gracieusement la proposition parce qu'ils ne voulaient pas vivre dans la cité populeuse. Au lieu de cela, les moines demandèrent à l'empereur de construire des cellules pour eux en dehors de la capitale. Alors l'empereur Basile construisitt une grande église dédiée aux saints apôtres dans un endroit que les pères géorgiens avaient choisi dans un certain ravin, où une source d'eau froide coulait de dessous une petite colline, et il y creusa une cellule pour lui-même. Le monastère fut appelé "Romana", d'après le nom du ruisseau voisin.

Plus tard, l'empereur envoya ses deux fils, Leon [1] et Alexandre, pour y être elevés par les saints pères.

L'empereur Basile chercha à enterrer les reliques saintes de saint Hilarion dans la capitale, mais les gens de Thessalonique ne permettaient pas aux reliques d'être enlevées. En fin de compte, il futt nécessaire que les envoyés de l'empereur cachent le sanctuaire sacré et le ramènent à Constantinople en secret. L'empereur, le patriarche, et toutes les personnes accueillirent l'arrivée des reliques de saint Hilarion avec des hymnes et des prières glorieuses.

Avant le caveau spécial n'ait été construit, l'empereur garda les saintes reliques de saint-Hilarion dans sa propre chambre. Trois nuits après les reliques que soient arrivées, Basile fut réveillé pour un parfum inhabituel. Personne dans la cour ne put découvrir en découvrir la source. Quand l'empereur s'assoupit de nouveau, saint Hilarion lui apparut en vêtements liturgiques et lui dit: " Tu as fait une bonne action en préparant un refuge pour mes restes. Mais le doux parfum que tu sens a été acquis dans le désert, pas dans la ville. Par conséquent, si tu désires recevoir les bénédictions divines dans leur intégralité, emmène-moi dans le désert! "

L'empereur rapporta ce merveilleux tour des événements au patriarche et aupréfet, et avec leur consentement, il apporta les saintes reliques de saint Hilarion au monastère de Romana.

Par les prières de notre Père saint Hilarion, Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Lives of the Georgian Saints
de
l'Archiprêtre Zakaria Machitadze
in

jeudi 30 novembre 2017

MEGALOMARTYR MICHEL (MIKAEL-GOBRON) ET SES 133 SOLDATS(† 914)




Mémoire le 17/30 novembre

En l'an 914, un certain prince du nom de Michel (Mikael-Gobron) s'est distingué dans une bataille contre les envahisseurs arabes musulmans. Après avoir capturé la forteresse de Kvelistsikhe dans le sud de la Géorgie, les musulmans emmenèrent  en captivité ceux qui étaient restés en vie, et le prince Gobron était parmi eux. Profondément impressionné par le courage de ce soldat géorgien, l'émir Abu al-Qasim ordonna à son armée de le traiter avec respect.

Le roi Adarnerse envoya à Abou al-Qasim une grosse somme d'argent comme rançon pour son peuple, et certains furent libérés. Gobron, cependant, n'était pas parmi eux. Le prince géorgien savait clairement ce que l'avenir apporterait, et il se préparait à subir le martyre pour l'amour du Christ.

Les Sarrasins escortèrent Gobron et 133 soldats géorgiens vers leur exécution. Abou al-Qasim tenta le prince fidèle en lui offrant la gloire terrestre et l'honneur en échange de son renoncement à la foi chrétienne. Mais saint Gobron refusa fermement toutes ses offres. Ensuite, le furieux Abou al-Qasim ordonna qu'il soit amené dans la cour et montré à ses compatriotes vaincus d'un côté et la richesse promise de l'autre. Lorsque l'émir demanda habilement ce qu'il choisirait, Gobron répondit: "Je te l'ai dit dès le début même que je n'abandonnerai pas le Christ mon Seigneur!"

Ensuite, l'émir conçut une nouvelle épreuve plus cruelle: "Il ne connaît pas la douleur de la mort. Amenez-le à l'extérieur et exécutez tous les chrétiens vivants sous ses yeux! " ordonna-t-il.

Ils conduisirent le saint au milieu de ses frères et procédèrent à l'exécution de chacun d'entre eux. Le sang des morts jaillissait autour de Gobron dans tous les sens, et les corps flasques des martyrs s'effondraient à ses pieds, mais aucune de ces horreurs ne pouvait briser sa volonté.

Puis ils l'obligèrent à baisser la tête et brandissant leurs épées au-dessus de lui par deux fois. Le Prince Gobron traça une croix sur son front avec le sang et dit: "Je te rends grâces, Seigneur Jésus-Christ, que tu m'aies jugé digne, moi le plus méprisable et le chef des pécheurs, de donner ma vie par amour pour toi"

Encore une fois ils amenèrent saint Gobron devant l'émir. Pour la dernière fois Abou al-Qasim essaya de l'inciter à apostasier, mais le saint, dégoulinant de sang, déclara: «Fais comme tu le veux. Je suis chrétien et je n'abandonnerai jamais le Nom de mon Christ! "

Ayant perdu toute patience, Abou al-Qasim ordonna que la tête de saint Gobron soit coupée et jetée avec les autres corps mutilés. Puis, ils creusèrent trois grands trous, y jetèrent les reliques des martyrs, emplirent les trous avec de la terre, et interdirent à tous les chrétiens d'approcher cet endroit. La nuit, les tombes brillaient mêmement d'une lumière divine visible pour les croyants et les non-croyants.

En donnant leur vie pour le Christ, le valeureux prince Michel-Gobron et les 133 martyrs furent comptés parmi les saints de l'Eglise Apostolique Géorgienne. Le jour de leur commémoration fut fixé au 17 novembre, jour de leur martyre.

Comme un don de guérison qui coule d'une source de grâce, vêtu de la robe du martyre, le victorieux prince Michel et ses compagons d'arme étaient unis à Dieu. Couronnons avec des hymnes de louange celui qui a brillé sur sa nation comme le souverain de l'Eglise géorgienne!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

jeudi 23 novembre 2017

Saint Mégalomartyr Georges (+303)



Mémoire le 10/23 novembre

Fêté par tout le monde chrétien, le mégalomartyr Georges fut mis à mort par l'empereur Dioclétien en l'an 303. Le saint martyr est légitimement considéré comme l'intercesseur de tous les chrétiens et le saint patron de beaucoup d'entre eux. Il jouit d'une grande vénération du peuple géorgien puisqu'il est considéré comme le protecteur particulier de sa nation.Des récits historiques décrivent souvent l'apparition de saint Georges parmi les soldats géorgiens lors de batailles.
La majorité des églises géorgiennes (et dans les villages plus spécialement) furent construites en son honneur, et ainsi, chaque jour il y a une fête du mégalomartyr Georges quelque part en Géorgie. Les diverses commémorations quotidiennes sont liées à une des églises érigées en son nom, ou à une icône, ou à un miracle particulier qu'il accomplit.
Le 10 novembre marque le jour où saint Georges fut torturé sur la roue. Selon la Tradition,ce jour de commémoration fut établi par sainte Nina égale-aux-apôtres, illuminatrice de la Géorgie. Sainte Nina était parente de saint Georges le Tropéophore. Elle le vénérait profondément, et elle enseigna au peuple qu'elle avait converti au christianisme, à le chérir comme son protecteur particulier.

Le sot empereur Dioclétien désirait ta mort, ô Georges qui endura de nombreuses tribulations, et comme un loup vorace, il était assoiffé de ton sang. C'est pourquoi il ordonna que tu sois torturé sur la roue d'un char à bœufs, et puni par de terribles tourments. Mais tu supportas tout avec l'aide du Seigneur, et avec grand amour, tu appelas triomphalement Dieu à ta rescousse. Alléluia!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

MEGALOMARTYR CONSTANTIN-KAKHI († 852)




Mémoire le 10/23 novembre

Le 9ème siècle a été l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire géorgienne. Les musulmans arabes ont fait des ravages dans toute la région de Kartli, convertissant de force à l'islam en nombre par le feu et l'épée. Beaucoup des plus démunis et de ceux qui étaient effrayés furent tentés de trahir la foi de leurs pères.

A cette époque, le prince Constantin aristocrate valeureux et fidèle, vivait dans Kartli. Il était le descendant des princes de Kakhétie, d'où son titre de "Kakhi."

Comme il sied à un croyant chrétien, saint Constantin se considérait comme le plus grand des pécheurs, et disait souvent: "Il ne peut y avoir de pardon de mes péchés, si ce n'est par l'effusion de mon sang pour l'amour de Celui qui a versé son sang innocent pour nous ! "

Lors d'un pèlerinage sur les lieux saints de Jérusalem, Constantin distribua des cadeaux généreux pour les églises, visita le désert de Jordanie, reçut des bénédictions des saints Pères, et revint dans sa patrie rempli de joie intérieure. Après cela, Constantin envoyait trente mille pièces d'argent à Jérusalem chaque année. Dans les années 853 à 854, lorsque les musulmans arabes envahirent la Géorgie sous le commandement de Buga-Turk, le prince Constantin âgé de 85 ans commandait l'armée de Kartli avec son fils Tarkhuj.

En dehors de la ville de Gori un combat inégal eut lieu entre les Arabes et les Géorgiens. Malgré leur résistance acharnée, les Géorgiens subirent une défaite, et Constantin et Tarkhuj furent emmenés en captivité.

Le captif Constantine-Kakhi fut envoyé à Samarra (une ville dans le centre de l'Irak) vers le calife  Ja'far al Mutawakkil(847-861). Ja'far était bien conscient de l'immense respect dont jouissait Constantin-Kakhi auprès des Géorgiens et de tout le peuple chrétien qui le connaissait. L'ayant reçu avec honneur, il proposa que Constantin renonce à la foi chrétienne et le menaça de mort en cas de refus.

Affermi par la Grâce divine, le courageux prince répondit sans peur: " Ton épée ne me fait pas peur. J'ai peur de celui qui peut détruire mon âme et mon corps et qui a le pouvoir de ressusciter et de tuer, car il est le vrai Dieu, le souverain tout-puissant, Maître du monde, et Père dans tous les siècles des siècles! "

Le calife furieux ordonna la décapitation de saint Constantin-Kakhi. S'inclinant sur ses genoux, le saint martyr éleva une dernière prière au Seigneur. Saint Constantin-Kakhi fut martyrisé le 10 Novembre 852, le jour où le mégalomartyr Georges est commémoré.

Le corps du saint martyr fut pendu à une haute colonne pour intimider les croyants chrétiens, mais après quelque temps, il fut enterré. Quelques années plus tard, un groupe de géorgiens fidèles fit la translation des saintes reliques de saint Constantin dans sa patrie et à les inhumèrent là-bas avec grand honneur. Durant ce même siècle, l'Église Orthodoxe Géorgienne compta le prince Constantin-Kakhi de Kartli parmi les saints.

Invincible chef Constantin, vaillant guerrier choisi du Christ, à toi qui as vaincu la puissance et le royaume des ténèbres et qui fus soumis à la torture terrestre, nous offrons des hymnes de louange pour ta victoire sur la terre: Réjouis-toi, ô saint martyr invincible!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

vendredi 17 novembre 2017

SAINTS ET JUSTES JEAN (IOANE) , STEPHANE (STEPANE), ET ISAÏE, les Géorgiens



Mémoire le 4/17 novembre

Parmi la multitude de saints, nous nous souvenons de ces chrétiens qui ont consacré leur vie terrestre à la gloire de Dieu et au service des autres. En une seule vie ils ont accomplis tous les exploits spirituels des vénérables et pieux Pères, confesseurs et martyrs.

Parmi les saints canonisés par l'Eglise géorgienne, seulement quatre ont été appelés "Justes". Ce sont saint Elie (Ilia) Tchavtchavadzé, bien connu comme  "Père" et "roi sans couronne" de la nation géorgienne, et les saints Jean (Ioane), Stéphane (Stepane), et Isaïe les Géorgiens.

On croit que saints Jean, Stéphane, et Isaïe ont vécu à Jérusalem et ont gardé le tombeau de notre Seigneur. Il est probable que l'Église orthodoxe géorgienne a proclamé qu'ils méritaient un honneur exceptionnel, en reconnaissance de leur service dévoué au tombeau du Sauveur.

Pendant plusieurs siècles, l'Eglise géorgienne a glorifié les justes Jean, Stéphane et Isaïe et a demandé leur intercession devant le Seigneur.

 Saint et Justes, Jean, Stéphane, et Isaïe, les Géorgiens, priez Dieu pour nous!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

jeudi 16 novembre 2017

VÉNÉRABLE NICOLAS ( NIKOLOZ), astre radieux des Géorgiens († 1308)



Mémoire le  3/16 Novembre

Saint Nicolas (Nikoloz) est l'auteur de nombreux offices religieux, mais peu d'autres choses sur sa vie sont connues. Il vécut dans la seconde moitié du 13ème siècle, et les dernières années de sa vie coïncident avec le règne du roi Vakhtang III (1298, 1302 - 1308), fils du saint roi Démètre le Dévoué.

Saint Nicolas fut l'un des plus grands hymnographes et une des plus grandes  figures spirituelles de son temps, mais peu de ses œuvres ont été conservées. Le Catholicos Antoine (Anton) écrivit que Nicolas composa de nombreux services et canons, dont un "Canon de supplication pour la pluie." Saint Nicolas enrichit également la littérature spirituelle de Géorgie par ses traductions. Les érudits et les historiens croient que, comme plus grand liturgiste de son temps, il lui fut probablement demandé de traduire beaucoup de prières et de services de grec en géorgien. Parmi eux, croient-ils, était le "Canon de la bénédiction de l'eau bénite."

Le célèbre historien du 19e siècle, Platon Ioseliani, écrit que d'autres services religieux de la plume de saint Nicolas sont inclus parmi les manuscrits du monastère d'Iviron sur le Mont Athos.

Saint Nicolas reposa paisiblement en Christ en l'an 1308.

Tu as glorifié la Très Sainte Trinité et imité les anges, et tu fus compté parmi les saints, ô Père trois fois béni Nicolas. Nous te louons et nous te glorifions, toi qui es le protecteur et le sauveur de ceux qui célèbrent ton saint nom!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006

lundi 13 novembre 2017

LES CENT MILLE MARTYRS DE TBILISSI († 1227)



Mémoire 31 octobre /13 novembre

En 1227, le sultan Jalal al-Din de Khwarazm et son armée de Turkmènes attaquèrent la Géorgie. Le premier jour de la bataille, l'armée géorgienne repoussa valeureusement les envahisseurs, alors qu'ils approchaient de Tbilissi. Cette nuit-là, cependant, un groupe de Perses qui vivaient à Tbilissi ouvrirent secrètement les portes et firent entrer l'armée ennemie dans la ville.

Selon un manuscrit dans lequel ce jour le plus terrible de l'histoire géorgienne a été décrit: "Les mots sont impuissants à exprimer la destruction que l'ennemi infligea: arrachant les enfants au sein de leurs mères, ils frappaient leur tête contre le pont, en regardant leurs yeux sortir de leurs crânes... "

Une rivière de sang coulait à travers la ville. Les Turkmènes castrèrent les jeunes enfants, violèrent les femmes, et poignardèrent à mort les mères sur les corps sans vie de leurs enfants. La ville entière frémit au son des pleurs et des lamentations. Le fleuve et les rues de la ville étaient remplis de mort.

Le sultan ordonna que la coupole de la cathédrale de Sioni soit démontée et remplacée par son vil trône. Et à sa demande, les icônes de la Mère de Dieu et de notre Sauveur furent enlevées de la Cathédrale de Sioni et placées au centre du pont sur la rivière Mtkvari. Les envahisseurs poussèrent les gens sur le pont, leur ordonnant de le traverser et de cracher sur les saintes icônes. Ceux qui trahissaient la foi chrétienne et se moquaient des icônes eurent leur vie épargnée, tandis que les confesseurs orthodoxes étaient décapités.

Cent mille géorgiens sacrifièrent leurs vies pour vénérer les saintes icônes. Cent mille têtes coupées et des corps sans tête furent emportés par le courant sanglant sur la rivière Mtkvari.

Ô vous, milliers d'étoiles, peuple élu qui gardait l'Eglise géorgienne avec vos ailes d'or, intercédez sans cesse pour nous devant la Face de Dieu!

Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006






dimanche 12 novembre 2017

Saint Iotam Zedgenidze ( 1465)


fêté le 30 octobre/ 12 novembre

En 1466, Giorgi VIII fut couronné roi à la tête du royaume uni de Géorgie. Rempli de vertus sans nombre, le vaillant guerrier et Roi craignant Dieu dédia les vingt années de son règne à un combat incessant pour la réunification de son pays. Il repoussait sans cesse les envahisseurs étrangers, surmontait les luttes intérieures et faisait face aux trahisons de certains de ses sujets.

Parmi les séparatistes, il y avait le dirigeant de Samtskhe, l'atabeg Qvarqvare Jakeli II ( 1451-1498). En 1465, le roi Giorgi mena ses troupes vers la Géorgie du sud pour attaquer l'atabeg rebelle.

Près du lac Paravani les traîtres envoyèrent des assassins dans le camp du roi. Parmi ceux qui servaient le monarque à la cour royale, vivait un certain Iotam Zedgenidze, homme profondément dévoué à son roi. Il entendit parler de la terrible conspiration et prévint le roi, mais le noble et courageux Giorgi ne crut pas qu'une aussi méprisable trahison pouvait être possible.

Désespéré de ne pouvoir convaincre le roi du danger réel et imminent, le dévoué Iotam lui dit alors: " Permettez-moi de passer cette nuit à votre place dans votre lit pour vous prouver la véracité de mes paroles."

Certain que son bien aimé courtisan se trompait et que son amour et son dévouement incommensurables étaient causes de ses soupçons, le roi Giorgi lui permit de passer la nuit dans le lit royal et il alla dormir ailleurs.

Le matin suivant il entra dans sa tente et trouva le bien aimé Iotam gisant dans une mare de sang. Immédiatement il se mit à pleurer amèrement son erreur. Il arrêta et fit exécuter les conspirateurs et il ensevelit son fidèle serviteur avec les grands honneurs dûs à son sacrifice.

L'église géorgienne inscrivit Iotam Zedgenidze parmi ses saints, à cause de sa dévotion pour le roi oint de Dieu.

Saint martyr Iotam couronné par Dieu, prie Dieu pour nous!


Version française de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Archpriest Zakaria Machitadze 
Lives of the Georgian Saints  
Saint Herman of Alaska Brotherhood
Platina, California, USA/2006